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L'interview de Carlos Sainz : «Un grand défi»

C’est en tant que pilote le plus couronné, fort du plus grand nombre de victoires au Championnat du Monde des Rallyes, que vous vous lancez dans une nouvelle carrière en rallye-raid avec Volkswagen. Vous avez eu plusieurs options – pourquoi avez-vous choisi Volkswagen ?

«Volkswagen fait preuve d’un engagement très fort en rallye-raid. C’est exactement ce que j’ai toujours cherché. Car lorsqu’on prend une décision, il faudrait toujours viser le meilleur choix possible. Le projet Volkswagen est excellent. Je suis heureux de pouvoir travailler avec ce team et aimerais remercier Volkswagen de m’avoir donné la possibilité d’accéder aux rallyes-raids.»

Fin 2004, vous avez mis fin à votre carrière dans les rallyes classiques. Le souhait de tenter un nouveau début sommeillait-il déjà en votre for intérieur à ce moment ?
«J’ai toujours dit que le challenge d’un Dakar m’intéressait. Car un Dakar demande bien moins de temps qu’une saison au Championnat du Monde des Rallyes tout en me permettant de rester dans la course automobile. C’est tout simplement idéal. De plus, l’esprit régnant en rallye-raid est celui qui a jadis marqué le Safari Rallye. La particularité, ce sera de s’adapter à la navigation et aux dunes et de vivre l’ambiance du Dakar.»

Avez-vous aussi testé d’autres véhicules de rallye-raid ?
«Non, je n’ai conduit jusqu’ici que le Volkswagen Race-Touareg.»

Comment allez-vous vous préparer à votre nouvelle mission de pilote Volkswagen ?
«Je suis prêt à apprendre. Andy Schulz est un copilote très expérimenté qui m’aidera. Je me réjouis d’avance de cette phase d’apprentissage et je l’aborderai en professionnel.»

Pourquoi avez-vous choisi l’Allemand Andy Schulz comme copilote ?
«Je connais Andy de l’époque Toyota. Il a une grande expérience du Dakar, il l’a déjà gagné à deux reprises et il parle allemand. Il pourra beaucoup me soutenir.»


Comment vous sentez-vous au sein d’une équipe allemande ?
«Je viens seulement de débarquer. Mais l’ambiance est très bonne chez Volkswagen. Tous sont motivés et prêts à travailler très dur. Je suis en de bons termes avec Kris Nissen. Et j’espère pouvoir aider l’équipe, c’est l’essentiel.»

Comment le Race-Touareg est-il par rapport à une World Rally Car ?
«On ne peut pas comparer un tout terrain à une WRC. Ce sont deux voitures complètement différentes quant à la puissance du moteur et au châssis.»

Avez-vous déjà trouvez de quoi modifier sur le Race-Touareg ?
«C’est encore trop tôt, j’aurai besoin d’un long test approfondi pour cela.»

En 1992, vous avez gagné le Safari Rallye au Kenya. L’expérience de l’Afrique vous est-elle utile aujourd’hui ?
«Je pense effectivement qu’elle est utile. Lors de mon petit essai j’ai vu que certaines sections de rallye-raid ressemblent aux épreuves du Safari Rallye. Mais au Kenya, il n’y a ni dunes ni herbe à chameaux, il faudra donc que je m’y fasse.»

Et la navigation ?
«C’est sûr, je n’ai aucune expérience de la navigation en rallye-raid. Sur ce point, je compte sur Andy Schulz.»

Combien de personnes de l’équipe Volkswagen avez-vous déjà connu pendant les rallyes classiques ?
«Par exemple, je ne connaissais pas encore Kris Nissen. Bruno Saby, je le connais du Championnat du Monde. Et son copilote Michel Périn a été mon team manager chez Citroën il y a quelques années. Puis, je connais Eddy Weidl et Gérard Zyzik de chez Toyota et le logisticien Paco Crous du championnat d’Espagne où j’ai fait mes débuts.»


Vous êtes le rallyeman le plus couronné du Championnat du Monde. Comment peuton se motiver pour un début tout nouveau après une si longue carrière ?
«C’est un défi entièrement nouveau. Et ce qui est nouveau est toujours motivant. Il faut faire des efforts pour reprendre une nouvelle tâche, il faut travailler avec une nouvelle équipe dans un nouvel environnement technique et apprendre des choses nouvelles. C’est une énorme motivation pour moi.»

Quel est votre objectif pour votre première au Rallye des Pharaons ?

«Lors de cette première mission, je vais essayer de bien connaître la voiture, d’apprendre la systématique des rallyes et la navigation. J’attends ce rallye avec impatience et je crois qu’il m’aidera à bien sentir la voiture et les rallyes-raids.»

En janvier, vous allez vivre votre premier Dakar. 16 jours à travers l’Afrique, dormir sous la tente, manquer de douche... Pouvez-vous vivre sans luxe ?
«Je ne saurai répondre à cette question qu’après le rallye. Ce sera quelque chose d’entièrement nouveau que je dois également apprendre. Je suis sûr de l’aimer d’une manière ou d’une autre.»

Et les objectifs pour votre premier Dakar, début 2006 ?
«Je veux rallier l’arrivée et apprendre.»

Combien de temps vous faudra-il pour gagner le Dakar ?
«Je ne le sais pas. Honnêtement, je ne pense pas que mon objectif pour la première année est une victoire. La première année, nous voulons être raisonnables, voir où nous en sommes et apprendre à connaître le Dakar.»


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15 juillet 2005